Massacre des femmes d’Abobo: voici comment elles ont été enterrées à l’insu de leurs parents.

Dans cette publication, Mamadou Traoré, proche conseiller de Guillaume Soro, parle des conditions d’inhumation des femmes victimes du massacre au marché d'Abobo. A en croire le récit de Leslie Varenne, voici les circonstances dans lesquelles elles ont été tuées.


« Le 3 Mars, deux ou trois mille mamans défilent aux cris de « Gbagbo dégage ».

La manifestation est bon enfant…
Le rassemblement se tient au rond-point d’Anador, aussi appelé carrefour du Banco. Le cortège croise les chars sortant du camp-commando d’Abobo pour aller se ravitailler au camp de gendarmerie d’Agban, circulant en sens inverse de la manifestation, en direction d’Adjamé. Les femmes leur adressent des coucous de la main en signe de ralliement. Elles sont certaines d’avoir en face d’elles des tanks soustraits à l’armée par le commando invisible lors des batailles.

Subitement, des tirs atteignent les femmes. Le cortège panique, les femmes crient, s’enfuient dans la stupeur générale, personne ne comprend ce qu’il se passe.

Officiellement, 7 femmes meurent ce jour-là’’. Qu’est-t-il advenu des dépouilles des victimes ? La version donnée par la consœur intrigue : « Selon des témoins, les corps des six femmes tuées auraient été ramassés par les jeunes hommes du RDR, parti d’Alassane Ouattara, puis transportés dans des estafettes. Les six corps ont été enterrés dans un terrain vague, à l’insu de leurs parents, qui mettront des mois avant de connaître le lieu d’inhumation’’.
Des révélations qui en rajoutent à la controverse autour de cette affaire qui a pratiquement fini par sombrer dans les oubliettes de la république. Cependant, révèle Mamadou Traoré, « Il y a quelques années en arrière, précisément en 2013, un admirateur de Guillaume Soro m’a demandé ce qu’il pouvait faire pour lui pour lui montrer son admiration.

Je lui ai suggéré de construire une stèle en mémoire des femmes tuées à Abobo et d’aller au cimetière où elles sont enterrées pour arranger leur tombe. Il faudrait ensuite aller voir les familles de ces dames, leur faire des dons et voir comment on pourra s’occuper des enfants scolarisés de ces dames.

L’admirateur m’a donné son accord. Ensemble, nous avons évalué les coûts de ces travaux et de ces dons.

Ça s’évaluait à plusieurs millions. L’admirateur de Guillaume Soro était partant pour le projet.

J’en ai parlé à Guillaume Soro qui a approuvé l’idée.

Il a décidé de s’occuper personnellement des enfants de ces dames’’.


Le projet de la construction de cette stèle aura finalement butée sur le désintéressement de certains acteurs politiques, accuse ce proche du leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS), qui semble en éprouver une profonde consternation aujourd’hui.